Publié par : allezlesfilles | 28 avril 2014

l’excellence scientifique récompensée par la Fondation L’Oréal et l’Unesco


C’est dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne qu’ont été décernés en mars dernier les prix L’Oréal Unesco à cinq femmes scientifiques d’exception dans le cadre du programme For Women in Science lancé il y a maintenant 16 ans. Quatre-vingt-deux femmes ont été récompensées depuis le début de ce programme ;  parmi elles deux ont obtenu le prix Nobel, la chimiste Ada Yonath et la biologiste Elisabeth Blackburn.

Pour faire connaître les femmes scientifiques, notamment celles qui ont été récompensées par la Fondation L’Oréal, cette dernière a ouvert le site DiscovHER

De la résistance des plantes fourragères à la communication des cellules du cerveau avec les muscles : le meilleur de la recherche

Cette année les lauréates sont Segenet Kelemu, originaire d’Ethiopie, pour ses travaux sur l’amélioration de la résistance des plantes fourragères, Laurie Glimcher pour ses découvertes des facteurs déterminants des réponses immunitaires dans les allergies, les maladies auto-immunes et les pathologies malignes, première femme rectrice d’une université de médecine à New York, le Weill Cornell Medical College, Cecilia Bouzat, argentine,  spécialiste de la communication des cellules du cerveau entre elles et avec les muscles, la japonaise Kayo Inaba pour ses découvertes sur le rôle des dendrites dans le système immunitaire des sujets sains et malades et la neuroscientifique française Brigitte Kieffer, qui explore les mécanismes cérébraux impliqués dans les addictions, la douleur et les maladies mentales.

Transmettre à de plus jeunes : l’engagement d’une vie

Toutes parvenues au sommet de leur carrière, elles gardent une passion inentamée pour la recherche fondamentale tout en souhaitant transmettre à de plus jeunes leur engagement d’une vie. Segenet Kelemu, première femme de sa région à avoir étudié dans la seule Université qui existait alors en Ethiopie, a été soutenue par la communauté de son village.

Elle doit beaucoup à ces agriculteurs africains qu’elle remercie d’avoir su conserver des plantes de génération en génération. Ses travaux ont notamment permis la réintroduction de la Brachiaria, une plante fourragère qui résiste à la sécheresse et aux maladies dans les zones tropicales et subtropicales grâce aux microorganismes avec lesquels elle vit en symbiose. Ainsi de petits agriculteurs ont vu leur sort s’améliorer et la production des protéines animales a augmenté. Sauver une personne ou deux à la fin de la journée, c’est ce qui la motive.

Les lauréates et les boursières du programme L'Oréal Unesco For Women in Science

Les lauréates et les boursières du programme L’Oréal Unesco For Women in Science

 

Kayo Inaba, allie le respect et la fascination pour la nature, propres à la civilisation japonaise, et la passion pour l’expérimentation. Rares sont les chercheuses au Japon, rares les femmes professeures à l’université. Pour percer elle a choisi, dans un environnement totalement masculin, de faire ce que les autres ne voulaient pas faire et de travailler dur pour mener à bien ses travaux.

L’égalité des sexes et la diversité : un atout pour la recherche

Première femme professeure associée à la faculté de sciences de l’université de Kyoto, outre ses travaux d’immunologiste, elle milite aujourd’hui pour plus de diversité et pour l’égalité des sexes. Plus de femmes, c’est plus de diversité et la diversité est un atout pour la recherche.

Prendre des risques, faire preuve de ténacité mais aussi avoir du plaisir  

Etait-ce plus facile aux Etats Unis pour une femme ? Il faut d’abord être excellente. Laurie Glimcher, première femme doyenne de l’université de médecine Weil Cornell à New York, dégage une énergie impressionnante.

Oser, prendre des risques, faire preuve de ténacité sont des qualités nécessaires pour réussir dans la recherche.   Elle a consacré autant de temps à former les plus jeunes, la relève scientifique, c’est dit-elle « un véritable défi au moment où la population vieillit et où les maladies dégénératives augmentent » qu’à faire avancer ses recherches.  Elle pense que les découvertes sont illimitées et qu’on doit avoir du plaisir quand on fait de la recherche, que l’on doit même s’amuser dans son travail.

Si elle affirme avec force qu’on peut mener avec succès une vie de femme et une vie de chercheuse, elle n’en sous estime pas les difficultés.

Avoir confiance en soi

Brigitte Kieffer, récemment élue à l’Académie des sciences, a isolé le gène qui code pour les opiacés. Les sciences avec  leur nécessaire aspect international, la part de rêves qu’elles alimentent sont une aventure humaine rappelle cette disciple de l’éminent neurobiologiste Jean-Pierre Changeux.

Elle souligne que la confiance en soi est absolument essentielle et bien souvent c’est ce dont manquent les femmes. Son entourage, ses parents, la lui ont apprise. Comme Laurie Glimcher, elle retient les moments excitants, quand on découvre une réponse à une question clef, même si l’expérimentation qui y conduit prend du temps et nécessite une grande persévérance.

Etre une mère et une femme scientifique : c’est possible  

Cecilia Bouzat est d’autant plus fière de recevoir ce prix qu’elle a commencé par être boursière l’Oréal en Argentine ce qui l’a aidée à poursuivre ses recherches. Professeure à l’université, elle dirige l’institut de recherche en biochimie de Bahia Blanca et elle est aussi membre du Conseil national de la recherche scientifique et technique à Buenos Aires.

Elle se sent particulièrement engagée en Argentine, son pays, qui a connu des difficultés économiques et où la recherche de haut niveau y est donc particulièrement essentielle. Imagination, créativité, détermination, toutes ces qualités dont elle a fait la preuve, devant d’autant compenser les moyens limités alloués à la recherche.

Comme Laurie Glimcher elle attache une valeur fondamentale au fait d’être à la fois mère de famille et scientifique. Alors que la compétition est intense et qu’il faut déjà travailler beaucoup, cela signifie plus d’heures encore. Mais ça vaut le coup. Elle est si rayonnante, qu’on la croit volontiers.


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