Publié par : allezlesfilles | 11 août 2013

Les universités de technologie : dans quelles filières vont les filles ?


Virginie Julliard, chercheuse au laboratoire Costech de l’Université de technologie de Compiègne  (UTC) s’est intéressée au cas de l’UTC, une université qui propose des domaines d’études divers, allant de la biologie à l’informatique, en passant par la mécanique, le génie urbain ou les procédés et à la proportion des filles dans les différentes filières.

Après avoir assisté à une de ses conférences, je  me suis posé un certain nombre de questions.

Les filles sont majoritaires, on le sait, dans les études littéraires et linguistiques, dans les arts et les sciences humaines ou sociales -où elles représentent 70% des étudiants- mais aussi dans les sciences biomédicales. Dans les filières scientifiques hors santé la proportion s’inverse. Comment peut-on l’expliquer ? Et qu’en est-il dans les formations d’ingénieur ?

une étudiante dans un laboratoire

une étudiante dans un laboratoire

Prenons l’exemple de l’Université de technologie de Compiègne. En 2011, 33% d’étudiants sont des jeunes femmes. Elles sont 30,7% en cycle ingénieur. Mais si on regarde les spécialités, il y a de grandes disparités : 74% de filles en génie biologique, 42,8% en génie des procédés, 16,8% en génie informatique, 22,3% en génie mécanique, 16% en génie des systèmes mécaniques et 40% en génie des systèmes urbains. Donc même dans les études d’ingénieurs, les filles s’orientent davantage vers certaines filières, notamment celles comportant de la biologie.

On constate aussi que les filles choisissent peu des matières aujourd’hui très valorisées dans la société comme les mathématiques. Comment expliquer cela ?

Plusieurs facteurs sont en cause. Historiquement, l’accès à l’éducation pour les filles a été très tardif. En 1924, l’accès à l’université est permis aux filles, (cela ne fait donc même pas un siècle que nous y avons droit !), en 1972, le concours d’entrée à Polytechnique s’ouvre aux femmes, et  1973, c’est le concours d’entrée d’HEC.

Si la société a évolué, la répartition des rôles et des tâches entre les femmes et les hommes, structurée par les différences de sexe et de genre,  a elle peu évolué. C’est principalement aux femmes que reviennent les tâches ménagères et le soin des enfants, par exemple.

L’instauration de logiques binaires, qui séparent les domaines où les femmes et les hommes sont supposés leur hiérarchisation ont contribué à véhiculer des idées fausses et discriminatoires combattues aujourd’hui. Les domaines où les hommes sont supposés se réaliser sont considérés comme « plus nobles » et ils sont plus hauts dans la hiérarchie,

Les stéréotypes de sexe sont aussi très marquants quand il s’agit des métiers. On a encore l’idée que certains métiers sont faits pour les hommes alors que d’autres ne sont faits que pour les femmes. La technique ou les technologies, sont encore trop souvent perçues comme des sphères professionnelles pour les hommes. Et par conséquent, les écoles d’ingénieurs aussi : « Les écoles d’ingénieurs concentrent tous les traits symboliques et pratiques attribués par nos sociétés aux « grands hommes »  écrit la sociologue Catherine Marry. Aussi, poursuivre des études d’ingénieurs quand on est une fille revient à transgresser les normes de genre traditionnelles, et la transgression a un coût.

Peut-être que vos parents, même encore aujourd’hui, se sont posé la question : ma fille pourra-t-elle concilier une vie professionnelle riche avec une vie de famille ? Se sont-ils posé cette même question pour leur fils ? Pourquoi ? Ou peut-être est-ce vous qui vous posez cette question.

Les stéréotypes sont des images dans notre tête qui figent nos représentations, ils nourrissent les préjugés, comme ceux cités ci-dessus.

Il est même parfois délicat de dire qu’il y a plus de filles en biologie, car selon certaines personnes, cela contribuerait à faire qu’il y en ait toujours autant dans l’avenir. Doit-on arrêter de faire ce genre de constats et plutôt faire en sorte qu’il y ait plus de filles dans les autres filières plus techniques ?

Et parfois même certaines jeunes femmes qui font de la biologie parce qu’elles aiment cette discipline, ce dont on ne doute pas bien sûr, se sentent « agressées » par les constats sur les choix sexués d’orientation.

Une étude sur le genre et une enquête ont été effectuées à l’INSA de Lyon, une  d’ingénieurs fameuse et je vous laisse découvrir par vous-mêmes les constats qui ont pu être faits.

Alors, comment peut-on faire pour que la situation s’arrange dans un avenir proche ? Sur quels points la politique des écoles d’ingénieurs doit-elle se concentrer ?

Qu’en pensez-vous ?

Chloe G.


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